FILIERE VITICOLE
« Le plan de soutien à la viticulture doit être pérénnisé »

FILIERE VITICOLE / Le dispositif de distillation de crise annoncé par le gouvernement a été accueilli avec satisfaction, même si les professionnels jugent son montant insuffisant pour assainir un marché considérablement alourdi. 

Jérôme Despey
Jérôme Despey

Les organisations représentatives de la filière viticole ont réagi positivement aux mesures exceptionnelles de soutien annoncées lundi 11 mai par le gouvernement, tout en demandant qu’elles soient consolidées financièrement dans les semaines qui viennent. Outre des exonérations de cotisations sociales pour les TPE et PME les plus en difficulté, les ministres Bruno Le Maire, Didier Guillaume et Gérald Darmanin, ont annoncé à l’issue d’une réunion avec les professionnels « un dispositif de distillation de crise à hauteur de 140 M€ » et « une relance de la demande d’un fonds de compensation au niveau européen ».

« C’est un premier geste qui doit être complété », a réagi Jérôme Despey, le secrétaire général de la FNSEA et président du conseil viticole de FranceAgriMer. L’enveloppe consacrée à la distillation représente « 2 millions d’hectolitres (Mhl) à 70 €/hl en moyenne », a-t-il observé. « Nous demandons 3 Mhl à 80 €/hl ». « Il faut calibrer à sa juste valeur le plan sectoriel pour qu’il soit efficient, a estimé de son côté Jean-Marie Fabre, le président des Vignerons indépendants, évoquant les mêmes chiffres, mais aussi celui de 65 €/hl pour les vins sans indication géographique (VSIG), « le tout complété d’un dispositif d’aide au stockage privé ». Ce dernier permettrait en effet de libérer les cuves de vinification pour rentrer la récolte 2020.

Une clause de revoyure

« Il est important pour les professionnels que le gouvernement ait élaboré son plan sur la base des propositions de la filière », se félicite Anne Haller, la directrice des Vignerons coopérateurs. « Mais le volume consacré à la distillation ne correspond pas à ce qu’il sera nécessaire pour que cela ait un effet durable sur le marché », estime-t-elle, souhaitant que les discussions se poursuivent dans les semaines qui viennent. Les ministres ont d’ailleurs insisté sur le fait que le plan proposé était « une première étape » et qu’il y aurait « une clause de revoyure organisée dans les prochaines semaines pour renforcer le plan si nécessaire, notamment via une aide supplémentaire aux distilleries ». Les dossiers devraient être examinés par FranceAgriMer dans le cadre de l’OCM vins. La Commission s’était refusée, il y a quelques semaines, à mobiliser un budget dédié à la distillation, recommandant aux États membres d’utiliser les fonds de l’OCM déjà engagés pour 2020. Une décision que la filière avait vivement dénoncée le 26 avril dernier dans un communiqué commun, estimant que l’Union européenne « abandonnait sa filière viti-vinicole ».

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