Dans le cadre du Varenne de l'eau, les filières devraient présenter d'ici fin 2022 des « stratégies d'adaptation », avec l'accompagnement des chambres et des instituts techniques agricoles. Ces stratégies devraient insister sur la génétique.

Des stratégies climatiques par filière pour 2022
Jean-Paul Bordes, directeur général de l'Acta.

Dans le cadre de la thématique 2 du Varenne de l'eau, dédiée à l'adaptation, les filières et les chambres devraient s'engager, dans le cadre d'une charte, à « finaliser leurs stratégies d'anticipation du changement climatique et des plans d'actions » d'ici fin 2022. Cette charte en cours de signature, annoncée par Julien Denormandie lors de la cérémonie des vœux à la presse le 4 janvier, a déjà été présentée aux intéressés le 21 décembre. Seuls manquent désormais les sceaux officiels de tous les acteurs, qui devraient être apposés d'ici la fin janvier. Pour mettre en œuvre ces trajectoires, l'État s'engagera, avec 428 millions d'euros (M€) prévus pour « la résilience et la compétitivité » par le quatrième plan d'investissements d'avenir dans le cadre de France 2030. Une enveloppe complétée par 2 M€ dans le programme de développement agricole (PNDAR). Et sur le long terme, a assuré le ministre, le suivi des stratégies sera assuré par une structure impliquant FranceAgriMer et la cellule RIT (Inra, Acta, APCA).

Les filières misent sur la génétique

À la demande du ministère, les filières avaient déjà remis fin septembre des premiers éléments sur l'adaptation. « Le premier thème qui ressort, que ce soit dans les filières animales ou végétales, c'est la génétique », souligne Jean-Paul Bordes, directeur général de l'Acta, qui a suivi de près les travaux de cette thématique 2 du Varenne. Et de rappeler que pour l'heure, la filière viticole est l'une des plus avancées dans cette direction. Côté région, la Normandie et le Languedoc seraient également à la pointe. Car le Varenne, prévient Jean-Paul Bordes, ne doit pas mettre au second plan l'aspect géographique de l'équation. « Pour moi, la démarche par territoire est encore plus pertinente que par les filières. Le climat ne va par exemple pas changer grand-chose pour la bordure maritime. Mais en zone méditerranéenne, les systèmes devront évoluer en profondeur, voire changer de productions. » Un dossier confié par le ministre à l'APCA (chambres d'agriculture), qui devrait présenter les premiers éléments de ses diagnostics régionaux début janvier. Mais un véritable angle mort subsiste dans le Varenne : la réduction des émissions agricoles. Si l'enjeu est pour l'heure moins prioritaire au sein des filières, reconnaît Jean-Paul Bordes, les instituts ont bien conscience que les techniques d'adaptation ne devront pas être plus émettrices. « La plupart des solutions vont de pair, mais ce n'est pas toujours le cas », souligne-t-il. Les émissions seront donc un point d'attention de la boîte à outils de techniques d'adaptation que l'Acta devrait publier 2022 dans le cadre du RMT Climat créé avec les chambres.

IL et MR