RÉGION
500 € à 2 000 € pour les professionnels de l’agritourisme

RÉGION / Attendue par les professionnels de l’agritourisme suite à la perte de trésorerie pendant la période du confinement, une aide exceptionnelle a été votée par le conseil régional Auvergne Rhône-Alpes. Seuls les dossiers déposés avant le 16 octobre pourront bénéficier de ce dispositif. Explications.

500 € à 2 000 € pour les professionnels de l’agritourisme
Dans la région, l’activité touristique a repris mais en demi-teinte. Le mois d’août devrait être plus prometteur.

Avoir subi pendant au moins l’un des mois du confinement une perte de chiffre d’affaires d’au moins 20 % par rapport à ce même mois en 2019 : c’est l’une des conditions pour bénéficier de la récente aide régionale pour l’agritourisme. Cette subvention s’adresse aux structures exerçant une activité d’agritourisme qui peuvent justifier d’un investissement ou d’un emprunt bancaire, remboursé ou à rembourser sur l’année 2019-2020, à l’exception de la vente de produits à la ferme, des caveaux et des chais. « Cet investissement concerne des travaux de création, rénovation, extension ou aménagement, ainsi que l’acquisition de matériels et de mobiliers liés à l’activité agritouristique », précise la Région Auvergne Rhône-Alpes (Aura). Les nouvelles structures ouvertes depuis 2019 sont automatiquement concernées par cette aide. Chaque structure pourra bénéficier d’une aide forfaitaire de 500 € à 2 000 €, minorée si l’investissement ou l’emprunt bancaire est inférieur à 2 000 € (HT).

Redonner de la trésorerie

D’après une enquête de l’Apca menée entre le 21 avril et le 15 mai auprès de ses 2 500 adhérents pratiquant l’agritourisme, sur 600 répondants, 70 % avaient déclaré leur chiffre d’affaires affecté depuis la mi-mars. 40 % des exploitations interrogées avaient subi des pertes supérieures à 5 000 € par mois et 12 % des pertes supérieures à 12 000 €. Un quart (25 %) était concerné par des suppressions d’emploi, et 20 % par du chômage partiel. À l’échelle d’Aura, cette aide régionale va permettre de redonner un peu d’air à la trésorerie des exploitations éligibles. « Chaque Chambre départementale va maintenant devoir faire passer l’information aux professionnels. Il y a un bon quart d’entre eux qui ne pourront pas en bénéficier mais globalement ceux qui auront été le plus impactés devraient trouver satisfaction », estime Hervé Roux, représentant régional au comité d’orientation nationale de l’association Bienvenue à la ferme (BAF), circuits courts et agrotourisme. Sera-t-elle suffisante pour boucler l’année ? « Nous referons un point pour connaître les grandes tendances 2020 et l’impact du Covid-19 sur les déplacements des voyageurs de mai à décembre », précise-t-il. En attendant, cette aide régionale viendra soutenir le secteur de l’agritourisme en même temps que certains coups de pouce donnés par les Départements pour dynamiser leurs territoires. C’est le cas du Pass’Drôme permettant à tous les vacanciers qui se rendent dans le département du 25 juin au 31 décembre 2020 de bénéficier de 50 € par personne (3 maximum par foyer). Une somme qui pourra être utilisée dans les restaurants, les boutiques artisanales ou encore les gîtes et les hôtels drômois.

Une reprise en dents de scie

Depuis le déconfinement de mi-mai, l’activité touristique de la région a pour le moment repris, mais en dents de scie. « Ce n’est pas aussi prometteur qu’on aurait pu le penser mais le mois de juillet est toujours un peu particulier. Pour le mois d’août, les réservations sont au rendez-vous et la plupart des professionnels sont complets. Néanmoins, ce sont les mois de septembre et d’octobre qui vont décider du sort des exploitations. Cette année, l’arrière-saison va être déterminante et pas que pour l’agritourisme. Si elle est moyenne, elle risque de compromettre la pérennité des entreprises », analyse Hervé Roux. Alors qu’un grand nombre de structures agritouristiques s’interroge sur leurs services et les conditions d’accueil des vacanciers, elles ont aussi peur de voir arriver une deuxième vague de Covid-19 à la rentrée. « Je ne pense pas qu’il y aura un confinement généralisé, il n’empêche que pour le moment nous avançons à tâtons. On repart dans une situation un peu anxiogène, nous vivons au jour le jour. On parle du futur mais pour l’instant le futur, c’est demain ! » conclut-il.

Alison Pelotier

Note : Pour déposer un dossier de demande d’aide : https://cutt.ly/BsQoSR5. Cette aide peut être cumulée à l’aide d’urgence solidarité État-Région.