IRRIGATION
Plaine du Bas Chassezac : un réseau mieux sécurisé à l’avenir

Entamés l’an passé, les travaux d’amélioration du réseau d’irrigation de la plaine du Bas Chassezac se poursuivent. Pour l’heure, ils ont permis de sécuriser 2% de rendements.

Plaine du Bas Chassezac : un réseau mieux sécurisé à l’avenir
Environ 2 millions de m3 d’eau sont prélevés dans le Chassezac à destination de l’irrigation agricole chaque année mais entre 1,7 et 1,8 millions de m3 sont restitués et consommés par les agriculteurs en raison du réseau fuyard. ©AAA_AL

Chaque année, environ 2 millions de m3 d’eau sont prélevés dans le Chassezac à destination de l’irrigation agricole, mais entre 1,7 et 1,8 million de m3 sont restitués et consommés par les agriculteurs en raison du réseau fuyard. Dans ce contexte, des travaux d’amélioration sont menés par le Département de l’Ardèche à travers le syndicat de développement d’équipement et d’aménagement (SDEA) afin de fiabiliser le réseau qui s’étend sur environ 300 km et alimente une cinquantaine d’exploitations agricoles regroupant près de 250 contrats irrigants. Depuis l’an passé et durant deux ans, une première phase de travaux est organisée. Elle concerne le changement de 2,2 km de canalisations de grands diamètres (de 0,8 à 1,2 m) sur la zone d’irrigation du Bas Chassezac et du Pouget, au départ de la station de pompage et sur les deux antennes se dirigeant vers Grospierres et Jalès. « Pour ce chantier, on s’est cantonné à réparer la première trame du réseau, là où se trouvent les diamètres de canalisation les plus importants. Ce sont ces diamètres-là qui posent d’énormes problèmes. Quand il y a de grosses casses, on est obligé de fermer le réseau, ce qui forcément ne satisfait pas les agriculteurs », explique Philippe Latapy, chargé d’opérations au SDEA. Pour ce réseau d’irrigation qui ne dispose que de 69 % de rendement, l’objectif est d’élever ce seuil à 75 %. « Nous avons déjà quasiment récupéré 2 % de rendement depuis le début des travaux l’année dernière », ajoute-t-il.

Des outils pour mesurer l’ensemble des fuites

Le réseau a été équipé de débitmètres qui permettront à l’avenir de mesurer l’ensemble des fuites. « On est capable aussi de sectoriser le réseau, en isoler une partie seulement, en cas de casse. La prochaine étape est d’utiliser ces débitmètres avec l’exploitant agricole et de prioriser les futurs travaux. C’est aussi l’objectif de ces équipements », poursuit le chargé d’opérations du SDEA. Une remise à niveau des compteurs d’eau est également à pied d’œuvre, avec le changement par la Saur de 650 compteurs chez les agriculteurs.

La visite du chantier, organisée jeudi 25 janvier sur le site du plan d’eau de Cornadon à Berrias-et-Casteljau en présence des principales entreprises concernées (Rampa TP et Pompage Rhône-Alpes notamment), a débuté par l’observation d’un raccordement d’un grand diamètre de canalisation, puis celle d’un débitmètre et enfin la spécificité technique d’un chemisage de canalisation. Les particularités de ce chantier relèvent des diamètres de la fonte utilisée, la forte pente de certains tronçons, ainsi que les délais accordés car les travaux ne peuvent être réalisés que pendant les quatre mois hivernaux de coupures du réseau d’irrigation. Des essais de remise en eau du réseau seront réalisés d’ici une quinzaine de jours, avant d’être totalement effective dès le 1er mars prochain.

« Donner un souffle nouveau »

Le directeur du SDEA, Bruno Locatelli, a souligné la conciliation des agriculteurs irrigants pour mener à bien ce chantier et l’importance du réseau d’irrigation sur la plaine du Chassezac pour l’agriculture. « L’objectif est de diminuer le taux de fuite sur nos réseaux dans la mesure des moyens que nous avons pour le faire. La vente de l’eau notamment nous permet de rénover petit à petit de nouvelles tranches », a-t-il indiqué. « L’an prochain, nous relancerons une nouvelle délégation de service public, qui permettra de prendre en compte ce qui n’a peut-être pas fonctionné jusqu’à maintenant avec les irrigants, donner un souffle nouveau avec un réseau qui fuit moins et des irrigants satisfaits. » Ces derniers ont pu participer aux différentes réunions de chantier. « C’est intéressant de travailler avec eux car ils occupent l’emprise foncière de la canalisation et ont un vécu du réseau depuis sa création. Ils savent exactement, avec l’exploitant de la Saur, où se trouvent les problèmes, donc on a pu réajuster notre projet et l’orienter sur des endroits qui étaient peut-être un peu fragiles », ajoute Philippe Latapy.

Coût de l’opération : 5 millions d’euros

Sur un coût global de 15 millions d’euros, le coût de cette première phase de travaux s’élève à 5 millions d’euros. Elle est financée en partie par le fonds européen agricole pour le développement rural (Feader) à hauteur d’1,2 M€, le ministère de l’Agriculture à hauteur de 815 000 € et l’Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse à hauteur d’1,5 M€, le reste ayant été pris en charge par le Département de l’Ardèche et le SDEA. « Un chantier important vu les enjeux de l’eau, qui permettra de sécuriser le réseau pour les utilisateurs et de bénéficier d’un réseau moins fuyard. Avoir un réseau d’irrigation agricole qui fonctionne, c’est une assurance récolte et c’est aussi un système de protection face aux aléas climatiques comme le gel », a rappelé Matthieu Salel, vice-président du Département en charge de l’agriculture, de l’environnement et du tourisme. Le président de l’Asa des irrigants du Bas Chassezac, Bernard Valette, de souligner « l’importance de pérenniser et maintenir en service le réseau, qui permet d’avoir de l’eau pour toute la plaine du Chassezac et de faire vivre tout le territoire ».

A.L.

Une visite du chantier était organisée, jeudi 25 janvier, sur le site du plan d’eau de Cornadon à Berrias-et-Casteljau, en présence du SDEA et du vice-président départemental Matthieu Salel. ©AAA_AL
Le réseau a été équipé de débitmètres qui permettront à l’avenir de mesurer l’ensemble des fuites. ©AAA_AL